Port-Saïd : Tahrir et le Parlement accusent l'armée

Publié le par algeria-news

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Après le massacre de Port-Saïd, les parlementaires rejoignent la rue pour réclamer le départ de l'armée. Une première.

La place Tahrir est grave aujourd'hui. Sur les bandeaux, sur les drapeaux, un mot revient sans cesse : "deuil". Les Égyptiens qui ne manifestent pas confient leur tristesse. Les Égyptiens qui manifestent expriment leur indignation. "Comment a-t-on pu laisser faire ça ! Soixante-dix morts ! Si les forces de l'ordre avaient fait leur travail, on en serait resté à des provocations !" siffle Magdy Hussein. Supporteurs d'al-Ahly, certains de ses camarades sont morts hier. Les autres se mobilisent avec lui aujourd'hui. Pour l'occasion, le club de Zamalek s'est joint à son éternel adversaire. Inimaginable hier encore. Comme si l'OM et le PSG défilaient ensemble. 

Pour Magdy Hussein comme pour de nombreux Égyptiens, le massacre de Port-Saïd est une punition pour les "ultras", les supporteurs d'al-Ahly. L'an dernier, ils furent les troupes de choc des révolutionnaires. Ce sont eux qui ont défait l'attaque des chameaux sur Tahrir, qui animaient les manifestations avec leurs slogans, tous plus inventifs les uns que les autres. Le suspect numéro un de la tragédie de Port-Saïd, c'est le CSFA, le Conseil supérieur des forces armées. Il sèmerait le chaos pour se maintenir au pouvoir. Serait-il allé trop loin ? Car, dans la rue, de nombreux manifestants se sont joints aux supporteurs. Des femmes, des pères de famille, tous indignés par ce massacre. Par milliers, ils ont convergé vers la place Tahrir. L'heure n'était pas à la fête. Certains marchands ambulants trop voyants se font réprimander par les manifestants, pour respecter les "martyrs de Port-Saïd".

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